Valeurs fondamentales

Valeurs fondamentales selon la vision protestante

La rapidité des transformations sociales et structurelles insécurise société et politique. Nos bases communes semblent menacées d’érosion. Devant de tels défis, beaucoup de contemporains se tournent à nouveau pleins d’attente vers la théologie et vers l’Église. C’est là qu’ils espèrent trouver des forces et des institutions favorisant le lien communautaire. L’Église est appelée à offrir des repères en matière de valeurs fondamentales et à aider à les mettre en pratique.

Quelles sont les valeurs fondamentales ?

Les valeurs fondamentales constituent des repères partagés par une communauté et dont l’acceptance est une condition présupposée. Elles créent ainsi les bases de la confiance et de la responsabilité, qui donnent à notre activité quotidienne son ordre et son orientation. « Les valeurs fondamentales » dans la perspective chrétienne interrogent la contribution chrétienne au consensus social, qui développe dans l’ouverture à l’autre des perspectives pour ce qui nous est propre. Une telle perspective n’a pas pour horizon « l’élément chrétien », elle propose au contraire, à partir de la « tradition chrétienne », un cadre inclusif et non exclusif. Ce n’est pas l’image toute faite, mais l’œuvre en perpétuel devenir d’un cheminement commun qui est au centre d’une véritable discussion sur les valeurs.

Les valeurs fondamentales selon la vision protestante

L’Église évangélique réformée de Suisse EERS définit les valeurs fondamentales selon la vision protestante.

  • La participation

    … ne tient pas compte du mandat de la majorité

    N’est-ce pas ?

    Non, c’est bien plutôt l’omnipotence de la majorité qui y trouve ses limites, quand elle touche aux droits de la personnalité et de la liberté de l’individu. La participation signifie compétence et possibilité de défendre ses propres intérêts, de les faire valoir; la participation, expression des droits humains, ne peut être mise en question ni limitée par une décision majoritaire démocratique.

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  • L’empowerment

    … forme les êtres humains à la désobéissance

    N’est-ce pas ?

    Oui, pour autant que désobéissance et résistance concernent des structures qui excluent, discriminent et dépouillent de leurs droits des personnes, des groupes précis (femmes, personnes ayant un handicap, homosexuels, minorités religieuses) ou des ethnies. Nous devons l’essentiel de nos principes de dignité humaine et d’humanité aux luttes historiques pour la libération de ces minorités et groupes opprimés.

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  • La liberté

    … signifie faire ce que je veux

    N’est-ce pas ?

    À cette restriction près: pour autant que ma propre action ne limite pas la liberté des autres de faire quelque chose. Aussi paradoxal que cela paraisse, la liberté pour tous n’existe qu’à condition que la liberté individuelle soit raisonnablement limitée, autrement dit : « La liberté est toujours la liberté de qui pense autrement. » (Rosa Luxemburg)

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  • La paix

    … est affaire de sécurité et de prévention

    N’est-ce pas ?

    Non, la paix ne peut justement pas être créée uniquement par des mesures de sécurité, pas plus qu’elle ne saurait être confondue avec la sécurité ou l’absence de guerre, de violence ou de menace. La paix est décrite dans la Bible comme l’entreprise audacieuse qui consiste à se tourner vers son prochain, non parce qu’il me paraît digne de confiance, mais bien parce que je suis alors digne de confiance à ses yeux.

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  • La communauté

    … se crée toujours à travers l’exclusion

    N’est-ce pas ?

    C’est vrai, car la cohésion solidaire consiste à être plus proche d’un groupe d’êtres humains que d’un autre en fonction de certaines caractéristiques, idées, expériences ou objectifs. Mais les familles forment le cœur des communautés sociales, sans que leurs membres se confondent totalement avec cette seule forme de communauté.

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  • La justice

    … est uniquement une question de perspective

    N’est-ce pas ?

    Exactement – mais quelle perspective ? La discussion sur la justice recherche une perspective qui tienne compte de toutes les personnes concernées dans l’évaluation des décisions. L’action d’une personne est donc juste quand elle ne se fait pas aux dépens de quiconque.

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  • La durabilité

    … libère à nos dépens les générations futures de leur responsabilité

    N’est-ce pas ?

    C’est une contradiction, mais cette ironie va dans le bon sens. En effet, pour que les générations futures puissent assumer leur responsabilité, elles devront disposer des mêmes possibilités que celles dont nous disposons. Seul celui qui peut choisir entre diverses alternatives peut être considéré responsable de ses décisions.

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  • La solidarité

    … assujettit la responsabilité de l’individu

    N’est-ce pas ?

    Bien au contraire, la solidarité crée les conditions qui mettent les êtres humains à même d’assumer leur responsabilité. La solidarité sociale de l’État signifie responsabilité et assistance assumées réciproquement et alternativement par les membres d’une communauté ou d’une société.

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  • La responsabilité

    … est partout et systématiquement rejetée

    N’est-ce pas ?

    En apparence seulement, car les êtres ne sont pas toujours libres d’assumer leur responsabilité. C’est bien plus souvent leur responsabilité qui en fait d’abord la personne qu’ils sont. Les parents ne choisissent d’être responsables de leurs enfants, c’est l’inverse qui est vrai. Parce qu’ils ont des enfants, ils sont parents, et ainsi responsables de leur enfants.

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  • La reconciliation

    … est une rêverie chrétienne

    N’est-ce pas ?

    Non, parce que Dieu a réconcilié le monde avec lui par Jésus-Christ, et parce que les êtres humains, malgré leur réelle tendance à la division, vivent de l’espoir en des relations réconciliatoires et réconciliées. La réconciliation signifie reconnaître et accorder à chacune et chacun le droit qui lui revient.

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